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  • Anne laure CHARTON

Mon parcours d'allaitement instinctif


Le début d'une belle histoire...



Tout a commencé en fin de grossesse, lorsque ma sage femme m'a demandé si j'allais allaiter au pas. Je lui ai simplement répondu que j'allais tenter et que j'aviserai le moment venu. J'étais informée, mais sans plus, des bienfaits de l'allaitement maternel donc ma décision n'était pas prise. Et avec mes croyances de l'époque, je voyais cela un peu "sale", "malsain à un certain âge", "impudique" , etc... les croyances étaient très, voire trop nombreuses. Donc, je me suis dit que j'allais accoucher et que si je ressortais vivante de cette épreuve j'allaiterai les premiers temps mais sans plus ( oui oui, j'avais aussi la croyance que l'accouchement c'était "dur", "long", "atroce", " pénible", etc...) .


Le 13 décembre 2017, notre tout petit bébé venait au monde suite à un accouchement doux, beau, intense et magique qui à fait fondre toutes mes croyances à ce sujet. Quelques instants après, petit Paul était en peau à peau sur moi, ses petits yeux brillants plongés dans les miens, je dis bien "plongés" car un déluge de larmes de bonheur coulait sur mes joues.


Et puis, vient le moment de la "tétée d'accueil", je ne suis pas confortable avec ce terme, vous l'aurez compris, mais on aura d'autres occasions d'en parler. Et là, c'était si paisible, si doux, si émotionnellement fort de voir un tout petit être en fusion avec vous, de comprendre que vous êtes en train de lui donner un élixir de vie, le meilleur aliment pour lui et la décharge d''ocytocine (hormone de l'amour) qui vient avec, c'est tout simplement magique. A cet instant, je me suis dit que j'allais lui offrir cet élixir de vie le plus longtemps possible, peu importe les épreuves.


Les épreuves


Justement parlons-en des épreuves, car elle sont arrivées vite...


Engorgements


En rentrant de la maternité déjà, je faisais des engorgements à répétition, bébé dormait longtemps entre deux tétées, donc j'ai vite investi dans un tirer lait. Ceux de la marque Medela d'ailleurs étant les plus performants et confortables.


Pics de croissance


Les fameux 3, 6, 9, 12 semaines ... effectivement, je ne savais pas que cela existait et j'ai été comment dire... surprise, fatiguée, usée, déprimée, mais quand j'ai compris qu'il s'agissait d'un pic de croissance, j'ai relativisé et accompagné cette phase du mieux que j'ai pu, je me suis aussi beaucoup reposée pour que mon corps puisse répondre à la demande de mon fils et ses tétées répétées.


Entrée à la crèche


Heureusement, l'équipe était ouverte à l'allaitement et au fait que j'apporte mon lait tiré chaque jour. Mais je ne cache pas que le rythme était soutenu, je tirais à 7h, à 12h, à 18h, à 21h et dans la nuit aussi. Bébé avait 3 mois seulement au début de son entrée à la crèche, et j'ai continué de tirer mon lait jusqu'à ses 9 mois. Bien sûr les tirages étaient plus espacés quand mon fils grandissait.

Heureusement, ma mère gardait Paul 2 jours par semaines, ce qui me permettait de l'allaiter en direct puisque je travaillais à proximité. Si mon fils avait été gardé en crèche tous les jours de la semaines, je n'aurai surement pas pu tenir la cadence.


Les abcès, crevasses, et peur de manquer de lait


Aux alentours de la première année de Paul, le crevasses sont apparues, ainsi que les abcès. La douleur était insupportable, j'avais de la fièvre et complètement fatiguée. Mes journées de travail étant bien remplies, et le fait que j'étais sujette à beaucoup de stress au quotidien ont fait que mon corps n'arrivait plus à trouver les ressources nécessaires pour se régénérer et produire du lait. S'en vient ensuite la peur de manquer de lait, le tire lait, ne tirait plus rien, Paul s'agitait au sein rendant la tétée encore plus douloureuse. Bref, je sentais venir la fin de l'allaitement, sauf que lors de chaque épreuve, je réussissais à me résonner, à trouver cette petite force intérieure qui me restait pour me motiver à continuer, pour lui, pour nous.


L'entourage


Lorsqu'il fallait allaiter mon fils lors d'un repas de famille ou autre, au début j'étais inconfortable car j'avais peur de déranger, de m'exhiber, que quelqu'un regarde ma poitrine, etc... je n'étais clairement pas à l'aise. J'ai donc trouvé la parade, je m'éloignais un peu par choix, car de cette façon je pouvais allaiter sans être distraite par les conversations, entrer en contact visuel et profond avec mon fils, et lui permettre de boire tranquillement loin de l'agitation. Nous continuons d'ailleurs à le faire pour notre bien-être à tous les deux quand l'occasion se présente.


Le rôle du père/ beau père


Je préfère m'attarder ici sur le comportement du beau père de mon fils, plutôt que celui de son père car nous sommes séparés et malgré le fait que nous soyons en bons termes, je ne souhaite pas aborder notre vécu ici, que ce soit nos accords et nos désaccords. Donc par respect pour lui, je dirai simplement qu'il a été soutenant à sa manière.


Concernant l'attitude de beau père de Paul, il fait preuve d'une grande compréhension, d'une ouverture d'esprit que j'apprécie particulièrement malgré le fait qu'il n'ai pas été allaité. C'est très facile d'échanger avec lui sur le sujet, il prend rapidement conscience des besoins de Paul, et n'hésite pas à expliquer nos valeurs à son entourage si nécessaire.


La naissance d'une passion


Dès les premiers mois d'allaitement, je ne suis informée, j'ai lu beaucoup de livres, assistée a des formations, des congrès d'allaitement etc... Et je me suis même investie dans une association: la Cofam ( https://cofam-allaitement.org/ ) , qui protège et soutien l'allaitement maternel à l'échelle national.

Et par la suite, j'ai décidé de commencer une formation de Doula pour justement accompagner les femmes dans le cheminement de la grossesse et du post natal, avec un attrait particulier pour l'allaitement.






Et maintenant ?


" Ton lait à un goût de banane"


A l'heure actuelle, Paul à 3,5 ans, il est toujours allaité quand il le souhaite, l'idée étant de le laisser se sevrer seul quand il se sentira prêt. Il tête le matin au réveil et le soir avant de dormir, parfois pas, c'est comme bon lui semble. Cet équilibre nous convient bien, et comme il dit " ton lait est trop bon, il a un goût de banane" !


Le mot de la fin


Je voudrai vous dire que vous avez la force en vous pour y arriver, que l'allaitement c'est une aventure merveilleuse, remplie de complicité, d'amour, d'échange, de lien. Certes, il y a des épreuves, mais l'être humain est fait pour s'adapter, vous saurez vous adapter. Vous avez les ressources en vous. Ayez confiance en vous ! Ne laissez pas les autres vous influencer, gardez le cap, ayez foi en votre détermination ! Vous seul(e) savez ce qui est bon pour votre enfant, écoutez votre voix intérieure, votre intuition, lâcher prise et tout ira bien !





Si vous avez des questions ou commentaires, je vous lirai et répondrai avec grand plaisir !



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